[e] station [e] s

[e]station[e]s  s’installe en parallèle aux stations de métro de Paris. Ce parallélisme ne l’est pas que par rapport à la localisation, mais aussi dans le sens qu’elles « servent » à une autre chose complètement différent aux fonctions de transport dans l’espace. Cette installation de boites/sphériques (apparemment isolées) s’intéresse, à travers des voyages dans le temps à nous embarquer vers des itinéraires émotionnelles divers. Ces itinéraires semblent être instables et éphémères dans le domaine de l’espace, mais peuvent être permanents dans le domaine intangible de la mémoire et des émotions. Ces parcours qui se créent entre les installations ne nous transportent pas dans l’espace, ils ne nous déplacent pas d’un lieu à l’autre. ils nous emmènent à une autre réalité, ou plus tôt, à une réalité augmentée. L’idée c’est de faire « tourner le regard » vers l’invisible, ou plus gelé le regard pour activer autres sensorialités. L’invisible en 4 temps : L’atmosphérique, le sensoriel, le politique et l’électronique.

Le temps qu’il fait, les vents, la chaleur, l’humidité… cycles du jour, des saisons (« Estación » en espagnol veux dire à la fois Station, comme station de métro mais aussi Saison, faisant allusion aux cycles temporels météorologiques). Ce jeu de mots de manière pratique, nous permet d’attirer l’attention à la réflexion sur le rapport entre la condition statique et la condition dynamique des êtres. 4 stations, 4 saisons, 4 temps, 4 petites interventions seront « plantées » le long de la Seine et seront liées   à quelques stations remarquables du métro de Paris : 1) Gare d’Austerlitz/Gare de Lyon, 2) Musée d’Orsay/Tuileries, 3) Champ de Mars/Passy et, 4) André Citroën/Mirabeau. Nous recréerons les 4 saisons dans ces parties emblématiques de la structure sensorielle de Paris, lesquels ont à la tête la Seine comme évocateur du sensible dans le visible. Les moments urbains pour ces installations ont été choisis à partir de deux critères : a) La conjonction entre la présence de la Seine, une station du métro et d’une icône culturelle et, b) l’assemblage de 4 paysages de composition physique et végétal diverse le long de la Seine.

Après des décennies dans le visible, l’idée c’est de nous attacher à notre réalité d’une manière différente, de nous immerger plus tôt que de regarder. Corps, sens, dont le tactile, l’odorat, l’auditive. Les sens sont les expériences du vide, de l’invisible et ils nous font réfléchir d’une manière différente d’être dans le monde. Un monde réchauffé qui change plus vite que notre aptitude à comprendre la force transformatrice de l’énergie sur la terre. L’objectif est d’offrir des expériences sensorielles cognitives de la ville, pour réclamer la richesse et profondeur de l’expérience du corps humain. Ceux-ci comme complément des expériences  d’une société hyper médiatisée qui accumule, sans limite, des mémoires urbaines contrôlées par les algorithmes et des cartes électroniques de Google.

[e]station[e]s, finalement, se présente comme un refuge d’une atmosphère muette mais peuplée de microbes et de millions de particules électroniques, ou simplement des êtres vivants en mouvement, qui nous affectent de manières encore inconnues. Bref et de façon prosaïque, [e]station[e]s décompose, grâce à une sorte d’électrocardiogramme urbain, les donnés qui rendent compte des êtres vivantes dans l’atmosphère, pour nous faire « sentir » la ville et ses transformations.



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